Fiscalité

Flat tax vs IR : que choisir pour vos dividendes ?

Comparaison détaillée entre le prélèvement forfaitaire unique (PFU) et le barème progressif.

Depuis 2018, les dividendes sont soumis par défaut à la flat tax (PFU) de 30%. Mais vous pouvez opter pour le barème progressif de l'IR. Quelle option choisir selon votre situation ?

La flat tax (PFU) en détail

Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), communément appelé "flat tax", s'applique aux revenus du capital :

30%

12,8%

Impôt sur le revenu

17,2%

Prélèvements sociaux

Avantages de la flat tax

  • Simplicité : taux unique, pas de calcul complexe
  • Prévisibilité : vous savez exactement ce que vous allez payer
  • Indépendance : pas d'impact sur votre tranche marginale IR
  • Avantageux si revenus élevés : 30% est inférieur à la tranche à 41% ou 45%

Inconvénients

  • Pas d'abattement : les 30% s'appliquent sur la totalité des dividendes
  • Pas de progressivité : même taux pour 1 000 € ou 100 000 € de dividendes
  • Désavantageux si TMI faible : vous pourriez payer moins avec le barème

L'option pour le barème progressif

Vous pouvez renoncer à la flat tax et soumettre vos dividendes au barème progressif de l'IR. Dans ce cas :

  • Abattement de 40% sur le montant brut des dividendes
  • Application du barème progressif sur les 60% restants
  • Les 17,2% de prélèvements sociaux restent dus (mais CSG partiellement déductible)

Comparaison chiffrée

Pour 10 000 € de dividendes bruts :

Votre TMI Flat tax (30%) Barème + abattement Meilleur choix
0% 3 000 € 1 720 € Barème
11% 3 000 € 2 380 € Barème
30% 3 000 € 3 520 € Flat tax
41% 3 000 € 4 180 € Flat tax
45% 3 000 € 4 420 € Flat tax

* Calculs simplifiés. Les montants exacts dépendent de la CSG déductible et de votre situation.

La règle simple

En résumé :

  • TMI ≤ 11% → Optez pour le barème progressif
  • TMI ≥ 30% → Gardez la flat tax

Comment faire l'option ?

L'option pour le barème progressif se fait au moment de la déclaration de revenus (case 2OP). Elle est :

  • Annuelle : vous pouvez changer chaque année
  • Globale : elle s'applique à TOUS vos revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values)

Attention : Si vous avez des plus-values boursières, l'option au barème peut être défavorable même si elle est intéressante pour les dividendes seuls. Faites le calcul global.

Cas particuliers

Dividendes d'EURL à l'IS

En EURL à l'IS, les dividendes excédant 10% du capital social sont soumis aux cotisations sociales (~45%) en plus de l'IR. La flat tax ne s'applique que sur la fraction inférieure à 10%.

Revenus modestes

Si vos revenus globaux vous placent en dessous du seuil d'imposition, le barème progressif vous permet de récupérer l'acompte de 12,8% prélevé à la source sur les dividendes.

Contribution exceptionnelle hauts revenus

Pour les très hauts revenus (> 250 000 € pour un célibataire), une contribution additionnelle de 3% ou 4% s'applique, quelle que soit l'option choisie.

Optimisation en SASU

En SASU, vous avez le contrôle sur le montant des dividendes versés. Stratégies possibles :

1. Lisser les distributions

Si vous êtes proche d'un changement de TMI, répartir les dividendes sur plusieurs années peut optimiser l'imposition globale.

2. Mixer salaire et dividendes

Le salaire est déductible de l'IS et réduit le bénéfice distribuable. Trouvez l'équilibre optimal selon votre situation.

3. Conserver en trésorerie

Si vous n'avez pas besoin des fonds immédiatement, les laisser dans la société évite l'imposition des dividendes.

Conclusion

Le choix entre flat tax et barème progressif dépend principalement de votre taux marginal d'imposition. Pour la majorité des freelances avec des revenus confortables (TMI ≥ 30%), la flat tax est avantageuse. Mais si vous êtes en début d'activité ou avez des revenus modestes, étudiez l'option au barème.

Comparez vos options

Notre calculateur simule les deux régimes pour vous indiquer l'option la plus avantageuse selon votre situation.

Simuler flat tax vs barème